Être trendsetter, c’est avoir envie de rechercher constamment de nouvelles tendances, et d’avoir ça dans le sang. Gudy Herder cultive par le biais de son agence Eclectic Trends l’apprentissage et la diffusion de nouveautés dans le secteur de la conception et de l’aménagement d’intérieur. Nous retranscrivons notre interview CONNEXION AVEC elle, première firme invitée de Connections by Finsa.

 

Connexion avec Gudy Herder

  • Avez-vous d’autres projets en plus d’Eclectic Trends ? Jusqu’où aimeriez-vous emmener Eclectic Trends dans un futur proche ?
  • Eclectic Trends est une agence qui englobe plusieurs projets de tendances, qu’il s’agisse de publier des rapports de tendances deux fois par an, d’animer des conférences ou de développer des stratégies pour les clients. C’est un projet à temps complet qui varie selon les demandes que nous recevons. Chaque année, nous affrontons de nouveaux défis, mais toujours dans le monde des tendances. Voici quel est notre projet, et l’idée est de continuer à offrir de plus en plus de services et produits, de développer plus de lignes de produit avec les clients, et d’avoir un jour notre propre congrès en Espagne.
  • Publications, cours, discours magistraux sur les tendances…Quelle facette de votre travail aimez-vous le plus, et pourquoi ?
  • J’aime beaucoup animer des conférences sur les tendances car cela me donne la sensation de fournir un travail d’informations et de formations qui s’avère encore aujourd’hui extrêmement nécessaire dans le monde des tendances. Certaines personnes confondent encore tendances et mode, et le fait de pouvoir expliquer et partager ma vision à travers des débats est une richesse.
  • Qu’est-ce qui vous inspire ? Avez-vous un rituel, consultez-vous des publications qui seraient pour vous comme une bible… ?
  • Je n’utilise jamais les mêmes canaux dans mes travaux de recherche, la seule chose que je ne rate jamais, c’est le salon du design à Milan au mois d’avril. C’est comme une bible à l’air libre qui me procure des informations et m’inspire pendant toute une année, car en plus de pouvoir voir les choses, le salon permet de discuter plus facilement avec les artistes.

    Par ailleurs, j’essaye de changer et d’assister à de nouveaux événements, salons ou expositions qui pourraient m’apporter un nouveau point de vue, et qui n’ont peut-être rien à voir avec ma spécialité. Ce printemps par exemple, je me rendrai à la Clerkenwell Design Week à Londres. Je n’y suis jamais allée jusqu’à présent.

  • Comment vous connectez-vous à ce qui vous intéresse ? Vous êtes plutôt numérique ou analogique ? 
  • Avant tout numérique, je ne vais pas mentir. Mais j’équilibre la balance grâce aux expositions et cours créatifs auxquels j’assiste. Il n’y a pas longtemps, j’ai suivi des cours pratiques en textile design qui ont suscité chez moi un intérêt inhabituel pour le textile. Quand quelqu’un vous apprend à voir et faire quelque chose, vous en appréciez d’avantage la beauté.
  • Comment vous déconnectez-vous quand vous avez besoin de vous détendre et reprendre des forces avant de poursuivre votre travail créatif ?
  • J’effectue des travaux manuels : au travers d’un moodboard, avec des cours particuliers comme ceux évoqués plus tôt, ou encore un cours de bijoux en porcelaine que je commencerai d’ici 4 semaines. J’ai besoin de laisser mon ordinateur de côté et aller toucher des matériaux, c’est une sorte de méditation pour moi.

    J’apprécie également travailler avec des étudiants de l’école de design où je donne des cours, ou lors de mes propres ateliers. Il en ressort tellement d’idées et de concepts nouveaux que c’est une source d’inspiration… Et bien sûr, dès que je peux, je vais voir la mer à Barcelone ou je fais de petites escapades sur la Costa Brava. Rien ne me recharge plus les batteries que la mer.

     

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  • Qu’est-ce qui définit un bon chasseur de tendances ?
  • À vrai dire, je ne suis pas sûre de me retrouver dans le mot « chasseur de tendances ». J’observe des signaux sur le marché, et chez Eclectic Trends, nous associons et lions des concepts jusqu’à obtenir une tendance solide. Pendant toute l’année, nous rassemblons des idées, projets, messages qui font surface, jusqu’à ce qu’ils commencent à prendre du sens. De là découlent les rapports de tendances que nous publions deux fois par an.

    C’est un travail constant, il faut être à l’affut de ce qui se passe sur de nombreux fronts, qu’ils soient économiques, politiques, environnementaux ou sociologiques. Tu ne peux pas aller et venir comme tu veux, la persistance et la concentration sont fondamentales.

    Les choses « passent » toutes seules, je ne fais qu’y voir un sens après un certain temps, j’assemble les morceaux et j’apporte une explication souvent appuyée par les études de marché des comportements du consommateur. Car c’est nous qui créons les tendances selon ce qui nous motive et ce dont nous avons besoin à un moment déterminé.

  • Si vous n’aviez pas Eclectic Trends, que feriez-vous, à votre avis ?
  • J’aurais mon propre atelier et je créerais avec mes mains en testant divers matériaux, de la céramique au cuir. Mais en fait ce n’est pas une chose ou l’autre, je compte les combiner à l’avenir.
  • Avec quel professionnel du design et des tendances vous aimeriez vous mettre en relation ?
  • Patricia Urquiola pour le design et Li Edelkoort pour les tendances, les deux pour leur vision et la constance dont elles font preuve sur le marché.
  • Qui sont tes musten design et tendances ?
  • Je suis un peu contre ces idées préconçues, car qui décide de si quelqu’un est un must ? Ce qui peut me plaire ou faire naître chez moi un sentiment de beauté peut ne pas plaire à d’autres. Je peux recommander toutefois de se mettre à suivre dès maintenant les concepteurs et artistes italiens Cristina Celestino, Ilaria Bianchi ou Roberto Sironi.

    Et au niveau du Ethical Design, il y a de nombreux mouvements intéressants, en plus c’est le sujet qui me motive le plus actuellement, et j’espère qu’il va prendre de l’ampleur. Les concepteurs utilisent leur créativité et vision pour créer à partir de déchets issus des projets, on commence à parler de conception végane, et on trouve de plus en plus d’exemples de produits qui, une fois arrivés au bout de leur cycle de vie, rentrent à nouveau dans un cycle de production. Des noms à suivre de cette tendance sont Eileen Fisher avec DesignWork, Erez Nevi Pana et Studio Klarenbeek & Dros.

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